.Projet Marciac Intra Muros.

Projet "Marciac Intra Muros"
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□ Genèse

La mise en place du projet "Marciac Intra Muros" est issu d’une réflexion et d'une écriture d'ouvrage sur le trajet historique et sociétal de Marciac ("Le fabuleux destin de Marciac : du rêve des fondateurs à la passion du jazz"). Le but de l'ouvrage était de bâtir une vision de synthèse sur le cheminement de Marciac, de sa fondation à celle de « Jazz in Marciac », puis de mettre en lumière, à partir de là, des projets d’animation et de développement du territoire marciacais. C’est dans ce sens que le projet d’ouvrage, dorénavant concrétisé, a été présenté en décembre 2011 par J. Barnouin à J.-L. Guilhaumon, maire de Marciac et vice-président de la région Midi-Pyrénées.

Au printemps 2012, l’avancée du travail d’écriture du "Fabuleux destin de Marciac" révéla qu’un projet se dégageant de l'ouvrage concernait la « restitution de la gloire architecturale de Marciac », via la mise en valeur de l’aventure de sa fondation et de l’allure de « petit Carcassonne » qu’avait la bastide au 14e siècle. M. Guilhaumon, informé par J. Barnouin de l’objectif du projet qu'il désirait bâtir, suggéra, pour favoriser la concrétisation de ce qui allait devenir le projet « Marciac Intra Muros », la constitution d'un groupe de travail multi-institutionnel (DRAC Midi-Pyrénées, Conseil Général du Gers, Région Midi-Pyrénées, Mairie de Marciac, ENSA Toulouse, INRAP, STAP du Gers, CAUE32, Société Archéologique, Association MCPT : cf. la photo ci-dessous) dédié au projet.

 

Groupe de travail "Marciac Intra Muros"
Séance de travail du groupe "Marciac Intra Muros" à la mairie de Marciac

A partir de sa première réunion, qui s'est tenue à Marciac le 23 octobre 2012, le groupe de travail "Marciac Intra Muros", a fonctionné en tant que cadre de concertation  et de cohérence autour du projet « Marciac Intra Muros », conçu à l'origine par J. Barnouin, avec le concours éminent de collaborateurs scientifiques, technologiques et artistiques contactés à travers la publication de l'ouvrage "Le Fabuleux Destin de Marciac" et le montage du projet MIM, qui a été mise en avant dès son origine par la mairie de Marciac, à travers J.-L. Guilhaumon et son équipe.

 

Le 20 juin 2014, une rencontre a réuni à Marciac les responsables de l'INRAP et de l'ENSA de Toulouse, ainsi que la mairie de Marciac, l'association MIM (dédiée au projet "Marciac Intra Muros") et des Marciacais, afin de présenter l'ouvrage "Le fabuleux destin de Marciac" et le projet discuté via le groupe de travail, et de lancer le processus à partir duquel sera réalisé le projet. A cette réunion, on notamment participé M. Boudartchouk (INRAP), M. Lesueur (ENSA), Mme Le Noheh (INRAP), M. Darles (ENSA), Mlle Le Corff (ENSA) et M. Guilhaumon (Mairie de Marciac).

□ Conception

Marciac, Grand Site

La bastide de Marciac est devenue l’un des « Grands Sites » de la Région Midi-Pyrénées, grâce à l’aura et au succès international du festival « Jazz in Marciac » (JIM) et aux réalisations artistiques et éducatives de cette manifestation. Cette réussite exceptionnelle a dopé de manière très significative l’économie du terroir marciacais, tout en rendant son développement dépendant de celle de son festival. Aussi, l’idée qui pointe est d’ajouter à l’attractivité de Marciac de nouvelles composantes mettant en valeur la bastide en soutien à JIM.

 

Parmi ces composantes, la fondation et le trajet aventureux de  Marciac, ainsi que son plan de « cité idéale », semblent à valoriser au premier chef, tant ces caractéristiques mettent en lumière que la bastide de Marciac a été conçue, il y a plus de 7 siècles, avec une belle dose d’ambition, que la création du festival a remise à jour. En effet, Marciac, en tant que « ville neuve du Moyen Âge »,  est bâtie selon un plan d’une régularité que New-York peut lui envier, est dotée de la plus grande place et du plus haut clocher du Gers, et disposait d’une assez impressionnante muraille, de nos jours en très grande partie disparue, de plus de 1700 mètres de circonférence, dotée et de 8 portes-tours et de quelque 44 tourelles. Ainsi, restituer « la ville idéale » du Marciac des origines et retracer son trajet sociétal pourrait permettre : de donner à la bastide un nouvel élan culturel et éducatif et de faire de la cité du Pardiac un modèle d’étude de l’architecture et de la vie des bastides, dont l’édification correspond à un moment de l’Histoire porteur d’une volonté d’organisation démocratique du quotidien.


Si l’on se place dans une problématique de restitution, il convient de considérer que Marciac a quasiment perdu toute son ex-enceinte, dont il ne subsiste qu’un fragment de mur de 30 mètres de long quasiment invisible, car enserré entre des propriétés. Si l’église Notre-Dame subsiste, tout en ayant subi des modifications, l’ex-couvent des Augustins n’est que partiellement existant, et les autres églises et bâtiments conventuels ont disparu, ainsi que la halle de la place à arcades. Néanmoins, la place garde une belle allure, et quelques belles maisons historiques sont visibles.


En conséquence des pertes architecturales de la bastide, la restitution du Marciac des premiers siècles, pour être crédible, visible et attirante, et pour permettre au visiteur de s’informer, de réfléchir et de rêver, doit s’appuyer sur un ensemble ambitieux de réalisations de haut niveau culturel, éducatif et artistique.

□ Les Volets du Projet

INRAP
INRAP

 . Objectif général :

  Pour restituer le « Marciac Intra Muros » des 13-15e siècles, la mise en place d’une étude archéologique et architecturale sera effectuée via l’INRAP et de l’ENSA de Toulouse, assistés de ressources locales, afin de proposer un descriptif crédible "des premiers temps" de la bastide.


L’étude, dont la durée pourrait courir sur deux années, aurait pour buts :
. de produire des connaissances sur l’édification de la bastide de Marciac (contexte politico-historique, méthode de construction).
. de jeter les bases d’une restitution la plus plausible possible du « Marciac Intra Muros », de sorte que cette restitution puisse avoir une haute valeur scientifique et pédagogique.

 

. Mise en place d’une base de données d’archives :

 

L’implication d’archéologues de l’INRAP dans le projet MIM consistera notamment à rassembler les connaissances historiques disponibles pour la période de fondation de la bastide et le 14-15e siècle marciacais. A cet effet, seront inventoriées les sources des fonds d’archives publiques : archives municipales, départementales (Hautes-Pyrénées, Pyrénées Atlantiques, Gers) et nationales (BN…), voire internationales (ex. : fonds anglais). Le cadre chronologique des 13-14e siècles semble le plus approprié, car il englobe la période antérieure à la fondation de la bastide, sa fondation et les premiers temps de son existence. Les circonstances et anecdotes contenues dans les archives permettraient de donner corps au récit historique. Chaque récit, chaque témoignage est une illustration concrète de la vie in Marciac ; néanmoins, il est important de fixer un cadre chronologique précis, afin de rendre l’enquête documentaire faisable dans un délai raisonnable.


En pratique, il s’agira de récupérer les données manuscrites/cartographiques situant les cadres de l’époque médiévale, à savoir les documents concernant les fondateurs et les familles féodales de Marciac. Il faudra ainsi documenter le contexte féodal des comtés de Bigorre, d’Astarac, et de Pardiac et inventorier les documents produits par les pouvoirs religieux séculiers (l’archidiaconé de Pardiac, chapitre Ste Marie d’Auch) et réguliers (l’abbaye de la Case-Dieu) concernant Marciac. Les livres de comptes, les procès contiennent de nombreuses mentions qui permettent souvent de restituer le réel.

Les moyens à mettre en œuvre pour réaliser ce travail passent par la mise à disposition du projet de jours d’étude et de recherche demandés annuellement à l’INRAP. Les moyens peuvent aussi consister en une mission d’étude et de recherche financée par un porteur de projet extérieur à l’INRAP, comme la Mairie, la région, l’association MIM, ou tout autre mécène.

 

. Étude architecturale en vue de la restitution de la bastide au 14e :

INRAP

L’étude architecturale, qui serait prise en charge par l’ENSA à travers une équipe d’enseignants et d'étudiants, se donnera l’objectif, tout à fait capital, de dresser une restitution de la bastide. Pour ce faire, devraient être rassemblés les documents photographiques du 19e siècle pouvant donner une idée de l’habitat ancien de la bastide et d’éléments architecturaux aujourd’hui disparus ou remaniés, ainsi que les informations déduites des livres terrier disponibles et de la visite des habitations les plus anciennes de la bastide. Néanmoins, le plan de la bastide, tel que levé en avril 1789 par l’Ingénieur des Ponts et Chaussées et conservé en mairie, constitue un document tout à fait essentiel, de par sa qualité et sa précision. A partir de ces renseignements et d’informations architecturales tirées de bastides proches de l’espace-temps de la construction de Marciac et d’ouvrages des référence (« A la découverte des portes fortifiées du Gers », de Bertrand Boquien), une restitution architecturale informatisée la plus plausible possible de  Marciac serait mise en œuvre ; restitution à partir de laquelle seraient réalisées des animations culturelles à destination du public général, qui vont être maintenant détaillées et restent à finaliser.

La bastide de Marciac en 1400 (B. Deubelbeisss)
La gloire architecturale de la "Cité Idéale" de Marciac (B. Deubelbeiss)

□ Volet Culturel et Touristique

 
. Mise en place de parcours-découverte (« la bastide idéale » dans l’espace) :

Pour concrétiser l'étude archéologique et architecturale et commencer la mise en route de "The Marciac Time Machine", des parcours-découvertes de la bastide constitués de 16 et de 32 points d’intérêt seront créées. Ces parcours permettront de présenter à ses visiteurs la bastide dans sa dimension spatiale. Les parcours seront jalonnés via une signalétique par panneaux, éventuellement complétés par un guidage informatique. Chaque panneau, en forme d’arceau (à l’instar des arceaux de la place de la bastide), serait constitué d’un dessin original en couleurs entouré d’une représentation d’arcade se retrouvant sur l’ensemble des panneaux, d’un court texte explicatif et d’un numéro de guidage. Sur la page suivante, les thèmes proposés pour les panneaux sont décrits, pour la visite « complète » et pour la visite « express ».

Projet de parcours-découvertes de Marciac
Projet de parcours-découvertes de Marciac (parcours "complet" et parcours "express" / J. Barnouin & groupe de travail "Marciac intra Muros")

 

. Création d’un spectacle maquette (la « bastide idéale » dans le temps) :

 

La restitution maquette permet de raconter le trajet temporel de Marciac au travers d’un dialogue visuel et sonore entre 2 supports, l’un sous la forme d’une maquette en relief du paysage de Marciac (dimensions : de l’ordre de 2,50 m sur 1,50 m), et l’autre d’une projection murale. Les 2 dispositifs attirent l’œil du visiteur à tour de rôle ou en simultané. Le visiteur est immergé et transporté à une époque où la vie et les enjeux étaient différents de ceux d’aujourd’hui (voir l'image ci-dessous).

L’animation du spectacle maquette (durée : 10’) présente de manière dynamique l’histoire de Marciac, mais restitue également son état d’esprit de renouveau continu, avec l’apparition de son festival de Jazz, l’évolution de son environnement (vignes, cultures, paysages) et, pourquoi pas, Marciac telle qu’on la rêverait ou qu’on aurait pu l’imaginer. Voici les différents thèmes qui devraient être abordés par la restitution-maquette, avec séances en français, anglais ou gascon, pour adultes ou enfants :

 

-        Marciac avant Marciac (1’)

-        Fondation et construction de la bastide (3’)

-        Marciac menacée : guerres (« Cent ans » & religion) / peste noire (1’)

-        D’Artagnan à Marciac et autres scoops du XVIIe siècle (1’)

-        Appauvrissement et démantèlement de la bastide (1’)

-        Le XXe siècle : la redynamisation et l’aventure JIM (2’)

-        Marciac d’avenir (1’)

Projet de spectacle-maquette à Marciac (S. Goude, REOVIZ)
Projet de spectacle-maquette pour Marciac (illustration : S. Goude / © REOVIZ)
Visite du vestige du rempart de Marciac
Proposition de chemin de visite du vestige du rempart de Marciac (projet "Marciac Intra Muros")
Le vestige du rempart de Marciac
Le vestige du rempart de Marciac, vu du côté nord (C. Darles)

 . Création d'installations artistiques dédiées à la forme et au symbolisme de "la cité idéale" :

 

Voir à ce sujet ci-dessous et dans le document préparatoire - à télécharger - les avant-projets de François Tilly, qui présente ainsi sa démarche artistique :

« Je travaille avec la question « pourquoi pas ? ». Je ne suis pas synonyme d'un style esthétique, je me sers de ce dont j'ai besoin pour exprimer au mieux mes perceptions du quotidien, des gens, des lieux. Humour est le maître-mot. Ma pratique s'inscrit dans la diversité par sa forme - installations, peinture, sculpture - mais le regard reste le même : volontiers ironique, parfois espiègle, je veille à toujours prendre à contrepied les évidences, être simple, sec, sans pathos, et rechercher la profondeur derrière la légèreté. Je joue. J'aborde vierge toute nouvelle création. Je suis vivant. »

 

François Tilly pour le projet "Marciac Intra Muros"
Proposition de François Tilly pour le projet "Marciac Intra Muros"

□ Conclusion & partenaires

A la fois projet et défi, « Marciac Intra Muros » est basé sur : un travail de restitution à but culturel et éducatif, et un cadre symbolique autour de la notion de « bastide idéale ». MIM propose, afin de donner chair à ses objectifs, un ensemble de réalisations complémentaires destinées à donner à Marciac une nouvelle dimension, une nouvelle attractivité, tout en mettant donc en avant des valeurs éducatives et une réflexion sur la cité idéale à laquelle chacun de nous aspire : idéale dans sa conception, dans sa construction, dans ses équilibres et dans le « bien vivre ensemble » qu’elle permet et qu’elle exprime. Pour aller dans ce sens, le projet MIM propose de se structurer à partir de la coopération de la diversité des talents qui font une société qui marche en avant : travailleurs de la matière, travailleurs de l’immatériel, artistes, artisans et chercheurs, jeunes et moins jeunes, professionnels et bénévoles, Marciacais, amoureux d’un territoire et partenaires du développement du « Grand Site » de la région Midi-Pyrénées… qu’est désormais Marciac !

Restent à étudier les sources de financement de MIM, qui pourraient, en fonction des divers volets du projet, concerner Marciac lui-même, les collectivités dans lesquelles la bastide s’insère, les institutions que le projet concerne ou interpelle, ses supporters nationaux et internationaux, les partenaires de son festival de jazz, des amateurs et professionnels éclairés, ainsi que des mises à disposition de compétences ou de matériels.

 

LES PARTENAIRES :

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